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ARS CRETARIAE

30ème anniversaire du Musée Romain de Nyon

 

Le week-end du 3 et 4 octobre dernier, le Musée Romain de Nyon fêtait ses 30 ans !

Installé dans les fondations de la basilique de la ville, le musée de Nyon a fait peau neuve, une muséographie  repensée et un effort particulier sur l’éclairage en font un bijou du genre.

Ah ! Les amphores. Vision paradisiaque pour un potier !

 

Une cruche en technique grise. Très bel exemplaire pour une production peu fréquente. La plupart des cruches sont cuites en technique claire.

 

Belle mise en scène pour le très riche lapidaire de la Cité des Equestres.

 

 

Quelques pièces de la belle collection des verres antiques.

 

 

Tournage, en position assise en tailleur. Cette posture peut paraître curieuse, mais en fait se révèle très pratique. Le centrage est facilité par la possibilité de mette beaucoup de pression sur la balle de terre et d’ainsi la stabiliser rapidement. Plus paradoxal est l’avantage de caler le coude ou l’avant-bras droite dans la plante du pied gauche. Pour certaine opérations. On y gagne beaucoup de stabilité ou de précision. Corollaire, il vaut mieux être assez souple, sinon...

 

  Le cadre de ces animations a permis entre autres de tester quelques recettes culinaires reprises, ou plutôt interprétées par le GRAPA (Groupe de Recherches sur l’Alimentation Protohistorique et Antique). Interprétées, car si un livre de recettes romaines nous est parvenu, le livre de cuisine d’Apicius, l’énoncé des recettes ne comprend que les ingrédients, et pas la manière exacte de les apprêter. Ce qui laisse, on s’en doute une certaine place aux interprétations et à la mise en valeur des talents personnels !  

 

 Camille Avellan

 

Et Yann Mamin

 

Et quelques spécialités romaines à la friture !

Excellent test pour les céramiques à feu… C'est aussi ça l'archéologie expérimentale.

 

Pour en savoir plus sur le GRAPA : http://grapa.over-blog.com/

 Photos René Reymond(©AnimArc)

Toute la galerie d'images de AnimArc:  http://www.animarc.ch/spip.php?article68

Et une magnifique série d'images de Keepps sur Flickr: http://www.flickr.com/photos/isg-online/sets/72157622512546222/

 


NUIT DES MUSEES A LA VILLA GALLO-ROMAINE DE PULLY

 Au voleur ! Les bijoux de la maîtresse des lieux ont été dérobés par l’un des artisans. Quel outrage !

 Heureusement, le public de la Nuit des Musées était là pour déjouer l’intrigue ! Le coupable à été démasqué, et il s’agissait... du propre serviteur de la domina ! Difficile décidément de trouver du petit personnel de confiance de nos jours...

C’était l’occasion, pour les visiteurs, de découvrir ou redécouvrir cette imposante villa gallo-romaine du Prieuré en tentant de résoudre l’énigme des bijoux. AnimARC assurait l’animation en présentant divers corps de métier pouvant œuvrer dans de tels établissements,  poterie, langue et écriture latine et gauloise, peinture romaine et bijouterie.

 

Et deux merveilleux comédiens nous accompagnaient pour l’occasion : Catherine Favre, la terrible maîtresse des lieux et Denis Correvon, le fourbe serviteur .C'était le 26 septembre dernier.

Photos René Reymond(©AnimArc)

 

La Domina est fâchée ! ça chauffe pour le scribe (Richard Sylvestre) ! Au centre le serviteur (Denis Correvon).

 

Une des clefs de l’énigme se trouvait dans un pot cassé à recoller…

 

Mais encore fallait-il savoir décrypter les cursives latines…

 

Et quant à moi, pauvre potier, J’ai eu de la chance, que la domina ne pique pas une de ses colères à proximité de ma vaisselle…

 

 Et enfin, Karine Meylan, Grande Ordonnatrice de la manifestation, et très respectée présidente d’AnimArc.

 

Pour en savoir plus sur AnimArc :

http://www.animarc.ch/index.php

Toutes ces photos sont issues du site AnimArc et sont sa propriété.

Pour voir le reste de la galerie d’images :

http://www.animarc.ch/spip.php?article67

 


Günzburg. Die Römer Kommen!

NOUS Y ETIONS!

Günzburg, c'est une petite ville sur le Danube, Près d'Ulm, c'est à dire à peu près à mi-chemin entre Stuttgart et Munich.

Comme bien d'autres endroits dans cette région, sur les fortifications du limes, ou encore sur le Danube, l'Iller ou le Neckar, on y a retrouvé les restes d'un fort militaire.

Le limes, c'est avant tout une région frontière, et non pas forcément la frontière elle-même, qui n'est qu'une notion très vague dans l'antiquité. Qu'une ligne de fortifications y soit édifiée n'y change rien. Tout au plus, lorsque la situation devient tendue, ou en cas de conflit ouvert, la présence romaine permanente s'arrête à la ligne la plus avancée. Dès que les choses se calment, chacun va et vient d'un côté et de l'autre sans restrictions.

Ce "limes" germanique, région frontière marquée par plusieurs lignes de fortifications s'est progressivement mis en place vers la fin du Ier siècle de notre ère, pour sécuriser la frontière entre Rhin et Danube, sorte d'encoignure formant un point faible. L'histoire déjà tumultueuse des relations entre Germains et Romains avait appris à ces derniers à étre prudents...

La carte ci-dessus illustre bien ce point faible, et l'économie de forces militaire que représentait ce "raccourci" entre Bonn et Regensburg. En plus cela permettait l'édification d'une route sûre entre ces deux villes.

 Cette région était protégée par une multitude de forts et tours de guet: Günzburg située juste au-dessus du "V" de "Provinz Raetia" abritait ainsi un détachement d'auxiliaires stationnés dans un "burgus" de seconde ligne.Les détachements les plus puissants étaient situés en arrière de la frontière, de manière à leur laisser un temps de réaction en cas d'attaque, et ainsi la possibilité d'intervenir sur un plus grande portion de la zone fortifiée.

Cettte portion du Limes s'effondrera dans les années 258-260 sous les coups de boutoir des peuples germaniques comme les Juthunges ou les Hermundures, qui formeront plus tard la confédération alamane. Une bonne partie de ces forts restera toutefois occupée, souvent par des auxiliaires germains au service de l'Empire. la population "romaine" des zones à l'arrière de ces forts évacuera le territoire vers 270-275, et sera remplacée par des germains libres. Ce sera l'"Alamannia" des IVème et Vème siècles. Ni vraiment romaine ni vraiment germanique, une sorte de zone tampon contre les incursions des Goths, Vandales et Huns...

Comme on peut se l'imaginer, une fête romaine dans cette région est inévitablement marquée par l'activité militaire des troupes frontalières et leurs relations avec les peuples germaniques. Ci-dessus, les "Populares vindelicenses", une troupe d'Augsburg faisant revivre une troupe de militaires et civils des années 260. Une qualité de reconstitution tout à fait exceptionnelle, un souci historique atteignant la perfection. 

Une visite à leur site s'impose. Rien que pour se laisser bercer par la musique et la vidéo d'introduction...

http://www.populares-vindelicenses.de/

Après, c'est préférable de connaître un peu l'Allemand...

LA VIE DE CAMP...

On ne saurait se côtoyer tout un week-end sans les traditionnelles visites diplomatiques. 

Dietmar des Ältere, l'imposant centurion des "Donaurömer" rendant une petite visite aux "Raetovarier" Groupe d'Alamans de Rhétie. Une telle visite ne peut se faire qu'entièrement équipé, avec la garde d'honneur et les porte-enseignes.

Pendant ce temps, Madame, accompagnée d'une de ses suivantes, fait ses emplettes au marché du coin...

Vous trouvez son look très "germanique" pour une épouse de centurion? Vous avez raison. D'ailleurs rien ne dit que Margit ne soit pas une Semnone ou une Hermundure romanisée. à moins que ce ne soit une Romaine germanisée. Dans cette région, on se cotoie depuis 200 ans et lorsqu'un renversement d'alliances politiques ne vient pas mettre le feu aux poudres, on vit en parfaitement bonne intelligence. Et qu'un romaine s'habille à la mode germanique par temps un peu frisquet, rien de plus normal!

Dietmar der Ältere a rejoint Madame. On dirait qu'il vient de dénicher un objet intéressant!

Pour rendre visite aux Romains du Danube: 

 http://www.donauroemer.de/

Et le ballet diplomatique continue...

 Un centurion de la IVème cohorte vindelicienne en tournée, avec son porte-enseigne et uen garde d'honneur. Un centurion, quelle que soit l'époque est un personnage important. Au IIIème siècle il appartient à l'ordre équestre (à l'origine de la chevalerie médiévale), et dispose de revenus importants. Sa présence est indispensablelors de toutes tractations importantes, qu'elles soient militaires, politiques ou commerciales.

Palabres avec les Rhétiovariens. On a tiré les épées, ce qui ne veut pas dire qu'on est au point de s'entretuer. C'est juste un argument lors de palabres...

Pour rendre visite à la  Cohors IIII Vindelicorum : http://www.vindeliker-kohorte.de/

Et entre-temps. la vie continue au camp, chez nos voisins Rhétovariens...

Forge, cuisine, tissage, teinture, travail du cuir ou de l'os. Très belles activités au camp de cette troupe alamane. Et toujours dans un souci historique absolu. On est perfectionniste ou on n'est pas! Sigrid la princesse s'exerce au filage, Dankwart le facteur d'arcs est ici à la cuisine, et derrière lui, Blida surveille ses décoctions d'herbes pour la teiture de ses laines.

Stefan "Frodi", le chef de la Sippe des Rhétovariens vient de trouver la coupe de ses rêves! Ce sourire ne le quittera plus pendant longtemps....

 Mais il y avait de quoi....

 Pour leur rendre visite: http://www.raetovarier.de/

Et il y avait bien d'autres troupes encore, que souvent nous n'avons qu'à peine aperçu...

Malrgé la pluie, malgré le froid et la boue, ce fut une belle fête! Personne n'a perdu le moral, le public est venu en nombre. On ne voulait  tout de même pas se laisser abattre par d'aussi petits contretemps! C'est aussi ça, l'Allemagne. On y retournera. c'est sûr!


Fêtes antiques de grand-Andesina (Vosges)

C'étaient les 13 et 14 juin dernier. Les fêts antiques de Grand-Andesina, organiisées par l'association "La Cité des Leuques" se déroulaient dans la bourgade de Grand, dont le nom est issu du sanctuaire dédié à Apollon Grannus édifié dans la ville romaine d'Andesina, dont les riones, notamment un imposant amphitéâtre, apparaissent ça et là dans le village. Une très importante mosaïque de 230 m2 y a notamment été découverte en 1883.

Grand rassemblement de troupes de reconstitution et d'artisans, ces fêtes attirent un foule importante de visiteurs, amateurs ou spécialistes.

L'Alaman, un des membres de la troupe "Ordalies" en tenue de combat.

Et leur Stamm. L'association Ordalies fait revivre une troupe de guerriers germaniques du Vème siècle de notre ère. 

Les Herculiani, détachement de la IIa Herculiana, une légion palatine du temps de Théodose, vers 390 de notre ère. le gratin des troupes régulières romaine pour cete époque, comme en reconstituion actuelle. On ne faillit pas à sa réputation...

Détails d'équipement. Rudericus, centenier et Damianus, tribun. Chaque détail est peaufiné, pas une maille de la cotte qui ne dépasse: Nombreux sont les archéologues et historiens membres de ces troupes. Les boucliers sont usés ou ébréchés? Normal, ce genre de reconstitution n'est pas que parade. On y teste souvent les techniques de combat, en duel ou en formation, afin de tester sur le terrain aussi bien les relations des auteurs antiiques que les connaissances des historiens modernes. Deux heures seulement ainsi équipés sous un soleil de plomb sont très éprouvants. ça fait aussi partie de la reconstitution, comme parfois les marches d'endurance. On peut imaginer l'état d'une armée après une journée de marche et d'escarmouches...

palabres avant la bataille...

Le camp des Leuki, une troupe de gaulois faisant revivre un groupe de mercenaires du temps d'Alexandre-le-Grand. Ces ressemblements sont aussi l'occasion de tester diverses recettes culinaires d'époque, cuisinées dans des pots en terre. 

François Gilbert, président de PAX ROMANA (Lyon) et Franck Mathieu , président des LEUKI (Nancy) ici accomagné d'un de ses gardes d'honneur, en tournée d'inspection...

Les légionnaires s'équipent pour la bataille! Ici, un détachement de la LEGIO Va ALAUDAE (les Alouettes), part militaire de l'association Pax Romana

On se prépare à la bataille! Les rassemblements sont l'occcasion de tester diverses techniques de combat. Les armes sont "bluntées" comme on le dit dans le jargon. les lances sont rembourées de feutre ou de mousse, les épées en bois. les grandes lignes sont préalablement définies, mais le combat n'est pas chorégraphié. Il s'agit réellement d'enfoncer les lignes adverses. Les coups au but sont soigneusement réglementé, des arbitres veillent parfois à ce qu'un guerrier qui a pris un coup mortel ne se relève pas...

Les stalles du potier, dans les fumées du camp...

Et le tour à bâton, désormais indispensable compagnon de ces épopées...

Et enfin Christine, non moins indispensable compagge et maîtresse des lieux et logis! Sans elle rien ne serait possible...

 

Dans le menu "LIENS" de la colonne de droite, vous retrouverez les pages internet de toutes les troupes citées dans cet article. De très belles pages à voir ou à lire!


Journées gallo-romaines, St.-Romain-en-gal, 6 et 7 juin 2009

C'étaient les 6 et 7 juin derniers, à St-Romain en Gal.

Nous y étions invités pour y pratiquer des démonstration de fabrication complète de vases et gobelet gallo-romains, en compagnie d'un tourneur d'a mphores, et d'une équipe du CNRS qui réalisait 3 fournées durant ces deux jours. 

Belle affluence pour cette manifestation, malgré un temps incertain et un formidable orage le samedi à midi, ce qui nous a valu d'être copieusement trempés et grêlés.

C'etait aussi pour moi l'occasion de sortir pour la première fois avec le tour à bâton, cette fois réalisé dans sa version définitive. Grosse chaleur, je n'avais pas réellement pris le temps de m'entraîner à des fabrications complètes sur cette installation. la tournette romaine, j'avais déjà testé, mais sans plus. On peut dire que c'était vraiment de l'expérimental. 

Le tour à bâton dans sa version définitive. En principe ce genre d'installation était disposé dans une fosse aménagée à cet effet, ce qui évitait de devoir construire un châssis tel que celui-ci. Creuser une fosse de 100 x 100 x 80 cm. lors de chaque manifestation n'est pas réalisable, et en plus travailler au ras du sol limite considérablement la visibilité. Ici lancement de la roue au bâton, elle fait 50 kgs tout juste...

 Centrage de la balle d'argile, du "potiau" comme on le disait en vieux français bourguignon. C'est une opération qui demande beaucoup d'énergie, et il faut relancer sitôt après...

 Tournassage du pied d'un vase allobroge. Par cette opération, on enlève le surplus d'argile situé autour du pied du récipient, et on détoure l'anneau porteur.

Sitôt après, polissage au galet de pierre dure. Agate, serpentine, silex sont les mailleurs matériaux pour obtenir un bon poli.

Finition d'un gobelet à la tournette lourde. Ce genre d'installation est uen des seules don on a la certitude qu'elle était utilisée durant l'Antiquité romaine. Elle est crantée sur sa périphérie pour assurer une meilleure préhension lors du lancement

Décor à la barbotine sur une sigillée. Opération délicate, être très "zen" est obligatoire. Surtout en public...

Armand Desbat. Grand céramologue devant l'Eternel , Directeur de recheerches au CNRS, et Maître des fours pour l'occasion.

Scènes de défournement. Parfaitement réussies, ici devant un lot de gobelets métallescemts.Nombre d'entre-eux ont toutefois souffert de l'averse de grêle du samedi

 Prochain article: les fêtes romaines de Grand-Andesina, d'ici quelques jours!