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ARS CRETARIAE

La cuisson gallo-romaine du 4 août dernier

L'article était promis, le voici!

Soirée mémorable, et fournée qui le fut tout autant! Réaliser simultanément deux cuissons représente un gros travail de préparation, et une bonne coordination. Deux fourniers ne furent pas de trop, surtout durant les dernières heures durant lesquelles l'attention ne doit pas faiblir. 

Au programme de cette cuisson en four gallo-romain, une grosse série de pièces tardives à revêtement argileux, ce que les archéologiues nomment "céramique métallescente" ou encore "sigillées tardives" ou "sigillées du bas-empire". Ce sont des pièces recouvertes de vernis argileux qui devra partiellement se vitrifier lors de la cuisson, rendant ainsi les pièces très dures et partiellement ou totalement étanches. Lors du refroidissement, si les bonnes conditions sont réunies, le vernis prendra parfois un reflet métallique qui justifie cette dénomination de "céramique métallescente". La raison de ces reflets reste pour le moment encore assez obscure. Peut-être qu'une couche de quartz fondu se répand à la surface des vernis, puis se cristallise dans deux sens différents lors des phases réductrices puis oxydantes, et renvoient ainsi une lumière irisée et partiellement décomposée, un peu comme lorqu'on colle deux plaques de verre avec un peu d'eau entre deux.

Dans le contexte antique, on peut considérer que ces céramiques relèvent d'une haute technicité, d'un savoir-faire immense que nous autres potiers modernes avons eu bien du mal à reproduire. En contexte moderne, ces pièces restent difficiles à réaliser, la préparation puis la cuisson des revêtements argileux restent complexes et demandent toujours un "certain" savoir-faire.  Surtout lorsque l'on travaille sans appareil de mesure de température, comme je le fais toujours. Quant on est intégriste....

Les deux fours, côte à côte, avant le début des cuissons. Ils débouchent dans la même aire de chauffe, ce qui facilite leur alimentation. 

Le four est chargé, il ne reste plus qu'à allumer le feu. à ce moment les pièces, hormis celles qui sont peintes, sont toutes de la même couleur rouge terne.

le four gallo-romain est allumé vers 13 heures, le mérovingien à 16 heures. Au début, la chauffe est douce afin de ne pas précipiter l'évaporation de l'humidité résuiduelle, ce qui pourrait faire éclater les plus grosses pièces, et s'effondrer les empilements.

Après deux heures de ce "préchauffage", on commence à accélérer pour atteindre le grand feu.

Tombée de la nuit. déjà près de 9 heures de cuisson, les pièces deviennent incandescentes et presque translucides. C'est toujours un enchantement de suivre cette apparition.

Cette couleur rouge sombre indique que la température s'approche de 750 degrés. Nous sommes encore loin du compte et trois bonnes heures supplémentaires à la puissance maximale du four seront encore nécessaires pour atteindre la température de maturation des terres et des vernis.

Aux dernières lueurs du crépuscule, la première cuisson est suivie avec la plus grande attention, elle sera bientôt terminée. 

Une heure plus tard, alors que la chaleur est devenue intenable dans l'aire de chauffe, nous mettons un terme à la cuisson mérovingienne.

 

Et vers une heure du matin, la cuisson gallo-romaine est mise en réduction. La cheminée du four est obturée et le feu est toujours alimenté afin de priver la chambre de cuisson de l'apport de l'oxygène atmosphérique. Les gaz isus de la combustion incomplète se réenflamment au contact de l'air et se faufilent par toutes les fissures de la coupole et du système de fermeture. La température doit se situer entre 1000 et 1050 degrés. En fait je ne sais pas exactement, je ne l'ai jamais mesurée...

La réduction est courte, 20 à 30 minutes, pas plus, pour obtenir des revêtements bruns-rouges. Le feu se meurt lentement...

Tandis que les flammes d'échappement s'éteignent les unes après les autres, montrant ainsi que la combustion se fait maintenant essentiellement dans le four.

Puis ce sera la longue attente. deux jours seront comme toujours nécessaire au refroidissement du four est de sa charge.

Le surlendemain, défournement!

Dés la première cruche extraite, on voit que la cuisson a été parfaite. Ici, une sigillée tardive d'Ile-de-France. Ces pièces sont d'abord peintes, puis entièrement recouvertes de vernis argileux. Les motifs apparaîtront par transparence.

Puis un mortier à déversoir en tête de lion, le célèbre "Dragendorff 45" des archéologues.Il est parfaitement venu à la cuisson, et c'est un enchantement que d'extraire de telles pièces du four! Cette version, avec le bandeau orné de guillochis est typique des ateliers de potiers galo-romains de Portout dans l'Ain et de Thonon.

Et encore une vue partielle du résultat de la fournée. Une seule pièce cassée, une ou deux quelque peu déformées. 

Que du bonheur!

 


Construction et cuissons expérimentales dans un four de type mérovingien part 2/3

PARTIE 2/3

UNE CUISSSON EN MODE OXYDANT

les céramiques claires, c'est à dire rouges ou blanchâtres sont toujours ou presque cuite en mode oxydant. Plus précisément oxydo-réducteur et post-cuissson oxydante. Nous y reviendrons tout au long de la présentation des images. 

Toutefois, il est bon de savoir que pratiquement toutes les argiles cuites selon cette technique sont rougeâtres, plus oumoins foncées selon la quantité d'oxyde de fer qu'elles contiennent. Que la couleur de la terre crue soit rouge, verte, jaune ou noirâtre n'y changera pas grand chose. Le feu égalise toutes les formes des oxydes de fer, les désyhdratent et finissent par les amener à la couleur rouge qui est la forme Fe3O4.

Une seule exception, de teille toutefois à cette règle. Si une terre ne contient pas d'oxydes de fer, elle sera blanchâtre, comme les terres agricoles de la Champagne crayeuse, et blanches elles resteront à la cuisson. Et donc, une argile qui contient un tout petit peu d'oxyde de fer deviendra rose pâle.

Voilà donc pour ce préalable. Lors du précédent article illustrant la construcion de ce four de style haut médiéval, nous nous érions arrêtés à la cuisson de ses structures.

Quelques jours plus tard, c'était le 4 août dernier, première cuissron oxydo-réductrice. Nous retrouvons le four correctement cuit et ses structures en place. 

Quelques tuiles ont été placée au-dessus de l'entrée du foyer pour dévier les flammes et éviter des surcuissons qui pourraient endommager les pièces les plus proches.

Une première couche de pièces est placée sur les supports: 

Ce sont plutôt des formes fermées, qui résistent mieux à la compression que les plats et assiettes. Une grande jatte y sera tout de même posée, afin de tester sa résistance. 

Puis une deuxième couche est constituée de pièces plus petites, jattes et gobelets.

Enfin des écuelles et de grandes jattes formeront le bouclier supérieur qui retiendra un maximum de chaleur dans la charge à cuire. 

Et enfin, le tout est recouvert d'une bonne couche de tessons qui formeront l'isolation thermique nécessaire à une cuissson correcte. La perte d'énergie par rayonnement est ainsi réduite au minimum, et le tirage se fait par les interstices. Le feu est aussitôt allumé, tout en restant modeste. Il faut procéder au préchauffage pour éviter l'éclatement des pièces les plus exposées à la flamme. 2 heures seront nécessaires pour atteindre les 250 degrés environ qui écarteront tout risque. 

Après 2 heures encore de grand feu, l'incandescence apparaît entre les tessons de couverture. Un peu de braise est jetée sur la couverture afin de chauffer encore un peu plus les tessons tout en réduisant le tirage.

Grand feu toujours! Le four gallo-romain situé dans la même aire est aussi en action, et afin d'éviter d'êtres rotis avant que les céramiques soient cuites, nous alimentons les fours à tout de rôle avec Eric "Pépin" Anghehrn, potier médiéviste et indispensable compagnon de toutes ces aventures. Cette cuissosn gallo-romaine sera prochainement décite dans un article à part. Moins visibles sur le four mérovingien, les gaz de combustion se réenflamment au contact de l'air lors de phase réductrices de la chauffe. A chaque brassée de bois, on passe ainsi par une courte période durant laquelle le feu est suralimenté et provoquent des flammes d'échappement indiquant une phase réductrice par insuffisance d'oxygène dasn les chambres de cuisson. La couleur de ces flammes est le meilleur indicateur de la température règnant dasn les fours donnant ainsi un précieux reseignement sur l'état de cuisson des céramiques.

Après 4 heures de grand feu, les flammes commencesnt à traverser la couche de tessons, et la charge est devenue orange d'incandescence. La cuisson est terminée, il faut maintenant la couvrir quelque peu pour éviter un refroidissement trop brutal. Quelques pelletées d'un mélange de cendres et de terre seront nécessaires.

Préalablement, une bonne brassée de broussailles humides sont déposées sur les tessons, puis la terre est jetée par dessus. la couche de cendre et de charbons qui se formera ainsi empêchera que trop de terre ne s'infiltre dans la charge à cuire. Ces brindilles, qui peuvent être remplacées par de la paille pourrie ou de l'herbe fraîche, évitent ausi que les chocs thermique dûs au contact de la terre parfois humide ne fassent éclater les tessons ou les céramique situées juste au-dessous. Le fort tirage provoque de belles gerbes d'étincelles, un vrai feu d'artifice!

Deux jours plus tard, le four est refroidi, bien protégé par sa couche de cendres et de terre. Nous avons veillé à ce qu'elle ne soit pas étanche et laisse passer de l'air atmosphérique qui assurera l'oxydation des pièces.

Les tessons sont délicatement ôtés, et les pièces cuites apparaissent progressivement...

Une demi-assiette sert de pelel à cendres...

Et on peut commencer à défourner. Ici un "gobelet dansant" de la phase III de Pingsdorf (vers 900-960) célèbre groupe d'ateliers d'époque carolingienne de la région de Cologne. Ces gobelets tiennent debout sur la table lorqu'ils sont vides, mais pas lorsqu'ils sont pleins... Les peintures, réalisées ditectement avec les doigts, sont typiques de cette production.

Un petit pot en pâte grossière orange, dans le style des productions de l'ateleir de Vanves ( F, Hauts-de-Seine), VIème siècle. Il est parfaitement cuit et très proches des modèles originaux.

Quelques pièces ont tout de même un peu souffert de la forte chaleur et des hasards de l'empilement en vrac, tel ce gobelet du service bistre de Sevrey "les Tupiniers", site de production près de Châlons sur Saône actif du VIème au Xème siècle, Ce modèle est une reproduction d'une pièce de la première phase, au temps des Burgondes.

Un pichet du même service de Sevrey, portant son décor moleté caractéristique. Il a bien été exposé à la flamme vive comem le montrent les variatiosn de coloris de la terre. Ce type de pièce se retrouve souvent dans les sépulturesdes territoires administrés par les Burgondes, notamment la Suisse romande et la Franche-Comté.

Une copie d'un cruchon carolingien de Badorf, Xème siècle. Ce groupe d'ateliers était très proche de Pingsdorf, tellement proche qu'on peut se demander si il ne s'agit pas d'un seul groupe. Les productions de Badorf se distinguent toutefois par leurs décors moletés plus fréquents qu'à Pingsdorf, et leurs peintures beaucoup plus rares. la terre presque blanche, très sableuse est caractéristique de ces productions qui furent très prisées et exportées loin à la ronde, jusqu'en Angleterre ou en Suède. Les fouilles du grand Emporium de Kaupang, le plus grand marché des Vikings en Scandinavie, en a livré des quantités étonnantes, tou comme les productions peintes de Pingsdorf.

Et on atteint les couches les plus profondes, toujours des productions essentielleement carolingiennes de Badorf et Pingsdorf, mais aissi des pièces d'Ile-de-France.

Et un joli "tableau de chasse" pour finir. Cuisson parfaitement réussie, quelques pièces déformées et une seule fissurée, la grande jatte mise en test en fond de fournée n'a pas résisté au refroidissement, apparemment. elle est fissurée sur toute sa panse.

Quelques pilettes ont été aussi sérieusement malmenées et se sont largement fissurées. Il faudra prévoir de les renouveler. Mail là est l'avantage de ce genre de four. On change les pilettes en on peut réutiliser immédiatement l'installation. 

Mais pour le moment il faut encore vider le four de ses cendres et de la terre qui y est tombée. Chaud et poussièreux!

Et donc, en conclusion, une cuissosn parfaite oupresque avec des résultats très proche des originaux, dans un four qui s'est révélé très performant, très puissant puisque 6 heures de cuisson en tout auront été nécessaires, avec une quantité de bois consommée relativement faible.la température de cuisson a atteint les 900 degrés environ.

Et une dernière vue d'une partie des pièces réalisées lors de cette cuisson: 

En septembre, ce sera la prochaine cuisson, réductrice cette fois, pour obtenir des pièces grises et noires. Ce sera le prochain article de cette série. 

Mais auparavant, d'ici quelques jours, je relaterai encore la cuisson gallo-romaine réalisée simultanément ans le four situé juste à côté.

A tout bientôt, Honorable Visiteur!

 


Construction et cuissons expérimentales dans un four de type mérovingien

PARTIE 1/3:

LA CONSTRUCTION

Une nouvelle aventure commence!

 

Dans le cadre d'un prochain colloque sur les ateliers de potiers du haut-Moyen Age à Douai, je serai amené à faire une communication sur deux cuissons expérimentales de céramiques mérovingiennes et carolingiennes dans un four correspondant à ceux utilisés par les potiers en ces temps que certains nomment parfois "Dark Ages", les temps obscurs, qui ne l'étaient pas autant qu'on peut se l'imaginer. Mais la nostalgie de la rigueur romaine s'accommode parfois difficilement des turbulences relatives à la formation de l'Europe moderne...

Mais revenons-en aux fours du haut-Moyen Age. En fait ils n'étaient guère différents de la plupart des fours gallo-romains sur le principe. Leur construction en était quelque peu simplifiée, et de fait largement suffisante pour la cuisson de céramiques communes, plutôt peu sophistiquées si on les compare aux productions gallo-romaines, mais largement suffisantes pour satisfaire aux modes culinaires de l'époque, pour l'essentiel redevenues assez proches de celles qui prévalaient aux temps des Gaulois. Soupes, potées, pot-au feu et autres aliment bouillis semblent avoir constitué l'essentiel de l'alimentation haut-médiévale, largement inspirée des modes germaniques. Les mets les plus raffinés et les épices orientales devenues rares étaient réservées aux élites qui se servaient de vaisselle métallique ou en verre, le commun des mortels s'alimentant exclusivement de produits locaux ou régionaux en utilisant des récipients de terre cuite ou de bois. On en était revenu à la civilisation du beurre et de la bière, du moins en ce qui concerne l'Europe continentale. Le pourtour méditerranéen conserva toutefois la mode de l'huile et du vin, avec un vaisselier en conséquence.

Mais revenons-en aux fours. Comme à l'époque romaine, le four à tirage vertical prévaudra largement, mais sa construction en sera parfois simplifiée. A l'origine, ces installations étaient munies d'une sole fixe, cette dalle munie de trous pour laisser le passage aux gaz de combustion et donc à la chaleur nécessaire à la cuisson des céramiques comme on peut le voir ci-dessous. Cette sole est toujours fragile et les effondrements sont fréquents, endommageant parfois gravement la charge à cuire.

 

En remplaçant cette sole par une série de vases "martyrs" formant des pilettes ou supports sur lesquelles on dispose les céramiques à cuire, on s'évite bien des travaux de maintenance, et on réalise une économie substantielle de temps et de matériaux lors de la première construction. Que quelques pilettes se déforment ou se cassent, en quelques minutes elles seront échangées ou troquées contre des ratés de cuissons des fournées précédentes. Le four ne sera pas immobilisé durant des jours ou des semaines lors du séchage de la sole.

 

Et en ce qui concerne la couverture, la coupole fixe, déjà relativement rare chez les gallo-romains, semble avoir été complètement abandonnée au profit des couvertures de tessons, beaucoup plus simples, mais qui rendent plus difficile le réglage de l'atmosphère de cuisson. Ce n'était pas un gros problème. La fabrication des céramiques à revêtement argileux avait été abandonnée au Vème siècle, et on ne pratiquait plus que deux types de cuissons, l'une oxydante pour les pièces claires, l'autre réductrice pour les pièces sombres.

Une autre variante intéressante et fréquemment pratiquée était le four à languette centrale et banquettes latérales. De gros vases coincée entre ces élévations, ou encore des "cigares" de terre supportaient l'entier de la charge à cuire. Intéressnte, mais dangereuse pour les vases-supports, j'y ai préféré la première variante. Que les parois du four soient légèrement rentrantes ne change guère son fonctionnement, mais nécessite un solide parement interne, ce qui n'est pas nécessairement le cas lors de creusement d'un four à parois cylindriques.

J'ai donc choisi la variante la plus simple, le four à pilettes ou "vases martyrs". 

Première opération, le creusement de l'espace nécessaire doit être le plus précis possible. Plus le terrain sera compact et plus cette opération sera pénible, mais plus le four sera solide. 

la partie réservée à la cuisson est légèrement surélevée pour permettre l'écoulement d'eau qui pourait s'infiltrer lors de fortes pluies. Un terrain en pente facilite évidemment ces terrassement et évite d'avoir à creuser une grosse aire de travail devant le foyer. En ce qui me concerne, c'était encore plus facile en partant d'une aire existante, celle qui sert à l'alimentation du gros four gallo-romain voisin, distant d'à peine 1 mètre!

Les parois de la chambre de cuisson sont soigneusement enduites de torchis fin, et les parois latérales du foyer, que l'on nomme alandier dans notre jargon de potiers sont revêtues de briques afin d'assurer la solidité de la voûte qui le refermera.

Une fois la voûte montée, le coffrage qui la maintenait est immédiatement enlevé et le remblayage commencé. Le poids de la terre empêchera cette voûte de se fissurer lors de l'éventuel retrait des torchis de colmatage. 

Le mur de soutènement avant est terminé et rehaussé par une traverse de voie de chemin de fer qui évitera les effritements ou éboulements ultérieurs.

Et enfin, la chambre de cuisson est réhaussée et solidifiée au moyen de blocs de pierre. Une bonne couche de torchis colmate l'ensemble et évitera à ces blocs de calcaire local de se transformer en chaux par la chaleur des cuissons.

Un ou deux jours de séchage par ces fortes chaleurs d'été et on peut procéder à la cuisson préalable du four. 

Les pilettes sont placées, et je remplis le puits de cuisson de vieux vases ratés et d'objets divers, puis le tout est couvert de tessons. 6 heures seront nécesaires pour atteindre les 800 degrés approximatifs nécessaires à la cuisson des supports et à la consolidation des parois. Que ces dernières soient partiellement constituées de terre végétale simplement recouvertes de torchis n'est pas un gros handicap pour la survie à court terme de cette installation probablement assez éphémère, La terre végétale se cuit comme l'argile, mais devient très poreuse et reste fragile, ce qui en fait un isolant thermique peu solide mais très efficace.

A la fin de la première chauffe, la charge est devenue incandescente et le four ainsi que ses structures sont cuite. Tout estprêt pour la première fournée!

Tout prochainement vindra la deuxième partie de cet article, la cuissosn oxydante de céramiques claires. Ce sera assez sportif, car le four à coupole voisin sera également allumé pour une grosse fournée de pièces gallo-romaine à revêtement argileux. Ca va chauffer, je vous le prédis!

 

Et pour les intéressés, vous en saurez plus sur le colloque de Douai dans ce communiqué de l'INRAP:

 http://www.inrap.fr/archeologie-preventive/Actualites/Agenda-de-l-archeologie/Rencontre-scientifique/p-8897-Colloque-international-Les-ateliers-de-potiers-du-.htm?agenda=2&contenu%5B1%5D=5&


Programme des animations et manifestations 2010

Animations et stages

Programme 2010

10, 11, 16 et 17 mars, 13.30-17.30 h. Stage;  Modelage, de la préhistoire aux temps modernes. Tous publics dès 16 ans. Plus de détails ici:  http://arscretariae.romandie.com/resource/15150/478602

 

20-21 mars: Orange : Marché de l’Histoire (organisé par l’APHV).

http://www.histoirevivante.org/

 

26-27-28 mars : Lausanne, Centre de loisirs USL Pôle Sud. Stage céramique gallo-romaine.

http://www.polesud.ch/

 

10-11 Avril : Pontoise (F) : Marché de l’Histoire (organisé par l’APHV).

http://www.histoirevivante.org/

 

17 avril: Orbe ( CH) Inauguration du pavillon de présentation de la villa gallo-romaine, avec AnimArc. Animations et démonstrations d'artisanat gallo-romain.

 

25-27 avril: Villeneuve d'Ascq, Parc archéologique Asnapio (Lille)
Pour en savoir plus: http://www.villeneuvedascq.fr/index.php?site=3&rub=80

 

8-9 mai Morges (CH) Les potiers dans les tulipes. Le plus grand marché de potiers de Suisse. http://morges.potiers.ch/

 

13-16 mai, Chelles (F), congrès SFECAG

 http://sfecag.free.fr/

 

22-23 mai: Morges (CH) Marché histrorique, en complément de la manifestation "Combats et Duels" de l'Ecole Lausannoise d'Armes Anciennes . Marché multi-époques et multi-artisanats. 

 

5-6 juin  Saint-Romain-en-Gal (F). Journées gallo-romaines internationales. Démonstrations de tournage et de cuissons.

 

18-19 juin: Corbeyrier (CH) Festival celtique. Musique et animations historiques et archéologiques.

http://www.festival-corbeyrier.ch/



26-27 juinMarle (F) Musée des temps barbares: Festival de l'histoire vivante.

Avec la troupe gauloise "Les Ambiani"

http://www.museedestempsbarbares.fr/



10-11 juillet Drevant (F), les Derventiales. Grande fête gallo-romaine!

http://drevant.free.fr/articles.php?lng=fr&pg=94


12-15 août: Autun, semaine gallo-romaine.



21-22 août, fête médiévale au château de Grandson (CH)



28-29 août. Augst ( CH) Römerfest Augusta Raurica. la plus grande fête romaine d'Europe!

http://www.roemerfest.ch/

 

6-10 septembre: Lausanne, Musée Romain de Vidy, stage d'initiation à la céramique gallo-romaine. Tous publics dès 16 ans

Téléchargez le flyer: STAGE VIDY flyer2010.pdf



20-24 septembre: Cuarny, stage d'initiation et de perfectionnement, réservé aux archéologues.

 

6-9 octobre: Douai (F) Congrès sur le ateliers de potiers du haut moyen-âge, organisé par l'INRAP et Paris IV Sorbonne. 

 

15, 16 et 17 0ctobre : Lausanne, Centre de loisirs USL Pôle Sud. Stage d'initiation à la fabrication de la céramique gallo-romaine.

Téléchargez le flyer: Stage Pôle Sud octobre 2010.pdf

http://www.polesud.ch/

 

27 et 28 novembre: Exposition de fin d'année, Cuarny (CH), à l'atelier.

 

2-3 décembre: Musée de la céramique, Lezoux (Clermont-Ferrand): Séminaire de formation pour  animateurs et guides de musées et sites.

 

4-5 décembre: Lezoux (Clermont-Ferrand): Week-end de démonstrations et animations au Musée de la Céramique

 

12 décembre: Musée de Bibracte: marché de Noël. Démonstrations de tournage au bâton

 

Dernière mise à jour: 01.06.2010

Pour tous renseignements:   [pierre.alain.capt(at)gmail.com]


Cuisson gallo-romaine: Portfolio nocturne

c'était en octobre dernier, une grosse fournée de céramiques gallo-romaines tardives.

Un portfolio pour le plaisir des yeux: 

              

               

               

               

Les prises de vues sont d'Alain Besse, restaurateur aux monuments historiques du Valais, grand batteur de monnaies et accessoirement excellent photographe ( atelier Ciel et Terre, voir les liens)

Pour visualiser le portfolio depuis l'album, avec les commentaires:

portfolio-cuisson-gallo-romaine

Pour lire l'article relatif à cette cuisson: 

Une cuisson gallo-romaine.

 


Quelques belles pièces décorées des IIème et IIIème siècle

Une page de très belles pièces archéologiques gallo-romaines des IIème et  IIIème siècles ap. J.-C.

Gobelet de Trèves richement décoré. Production du IIIème siècle.  Gobelet de Trèves, IIIème siècle Gobelet à dépressions de Gaule du Centre, probablement de Lezoux, fin IIème-IIIème s. Gobelet de Gueugnon, seconde moitié IIème s.

Gobelet tulipiforme, probablement de Lezoux, découvert à bavay. IIIème s.  Gobelet Gobelet de Lezoux, Musée de lezoux. Fin IIème-IIIème s. Tesson de Rheinzabern, IIIème s. 

Gobelet de Rheinzabern, IIIème s.  Le Gobelet dit Gobelet Gobelet

Gobelet de Colchester à décor de chasse.  Gobelet de Colchester à décor de scènes de chasse. Un tesson montrant un décor de combats contre des animaux. Décor à la barbotine. Probablement Colchester. Une cruche d'Avenches à décor d'oiseaux.

Cruche d'Avenches à décor d'animaux.  Tesson d'un gobelet d'Avenches montrant un cerf. Gobelet *de chasse Gobelet

Pour visualiser la galerie avec les commentaires: 

 http://arscretariae.romandie.com/album/15150/28035

 (Suite)

Le déclic

 

Lors de fouilles en milieu antique, les objets que les archéologues trouvent en plus grand nombre sont les céramiques. Elles peuvent en effet se conserver sans problèmes pendant des siècles, des millénaires sous la terre.

Au départ, je ne suis ni archéologue, ni céramiste. Juste un amateur. Intéressé à l'archéologie régionale comme à toutes les techniques anciennes. Depuis de nombreuses années, je parcourais les campagnes à la recherche de menus tessons que la charrue pouvait avoir tiré de leur silence. Je tentais ensuite de connaître leur provenance, l'utilité de la vaisselle qui était à l'origine, la vie de ceux qui les avaient créés comme de ceux qui les avaient utilisés.

L'archéologie, c'est d'abord redonner la parole à ceux qui se sont tus depuis longtemps. C'est retrouver les traces parfois menues de femmes, d'hommes et d'enfants qui vécurent, travaillèrent, aimèrent, souffrirent ou encore firent la guerre dans nos régions.

Un tesson, c'est un petit fragment de vie, un éclat de voix perdu dans le temps. Pour mieux savoir les écouter, le mieux était de tenter de répéter les mêmes gestes que ceux qui les ont créés.

Un beau jour de 1995, j'ai donc pris la décision de construire un four gallo-romain dans mon jardin. Ce qui ne fut pas trop difficile, et, par chance cette installation se révélera rapidement parfaitement efficace. 

Encore fallait-il avoir quelque chose à cuire. En même temps que le four, j'avais construit un tour à pied. Il ne restait plus qu'à démarrer. 

Petit problème, la céramique, je ne connaissais absolument pas. Il a fallu dons apprendre à tourner l'argile, puis ensuite apprendre à la cuire. 

Noble entreprise dont j'étais loin de soupçonner l'ampleur! Apprendre à tourner, ce n'est pas si facile, tous ceux qui s'y sont essayés vous le diront... Cuire l'argile et tenter d'en tirer des pièces de vaisselle qui ressemblent à quelque chose, ce n'est pas trop difficile avec un four électrique. Au bois, c'est une autre histoire...

Mes choix étaient faits. Eau, air, terre et feu. Hormis ceci, point de produits modernes comme colorants, glaçures minérales, et autres adjuvants.

 

Une sorte d’intégrisme, en somme…

 

La suite....

 

 

A Toi de la découvrir, ô Honorable Visiteur!

 

Pour me contacter: [pierre-alain.capt(at)gmail.com]

(protection antispam: Enlevez les crochets et rempacez (at) par @)